« Quarante jours pour transformer nos cœurs : prier, jeûner, partager »

par | Fév 20, 2026 | Non classé | 0 commentaires

Depuis le mercredi des Cendres, nous entrons dans le temps du Carême, temps fort de la vie de l’Église, qui invite les fidèles à une démarche de réconciliation avec Dieu, avec eux-mêmes et avec leurs prochains. À l’image du peuple d’Israël, cheminant quarante années au désert, et à l’exemple de Jésus qui jeûna quarante jours et quarante nuits, nous sommes appelés à traverser ces quarante jours dans l’espérance de contempler le Seigneur ressuscité. Ce cheminement spirituel et intérieur nous conduit ainsi vers la fête de Pâques. Dès lors, comment vivre le carême pour qu’il ne se réduise pas à une simple habitude ou à une pratique routinière ?


La Première Lecture du mercredi des Cendres nous met en marche lorsque le prophète, dans le Livre de Joël, exhorte : « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu » (Jl 2,13). Cette injonction souligne que la véritable conversion procède d’une transformation intérieure. C’est en effet dans le cœur de l’homme que prennent racine les pensées mauvaises : inconduites, cupidités, méchancetés, fraudes, débauches, envie, diffamation, orgueil et démesure (cf. Mc 7,21-22). Conscient de cette réalité, le roi David implore Dieu de créer en lui un cœur pur (Ps 50, 12). Ainsi, pour vivre pleinement ce temps de grâce, le renouvellement du cœur apparaît comme une exigence fondamentale. Par ailleurs, l’Évangile et la tradition ecclésiale nous invitent à mettre en œuvre trois pratiques essentielles : prier, jeûner et partager.


Prier consiste à orienter son cœur vers Dieu et à entrer en relation vivante avec lui. Dans la prière, l’une des grâces à demander à Dieu est celle d’un cœur configuré au sien, un cœur purifié. Une telle disposition intérieure permet de se reconnaître avec vérité, d’assumer ses fautes et d’emprunter sincèrement le chemin de la pénitence et de la conversion.


Jeûner signifie se priver volontairement de certains biens afin de se recentrer sur l’essentiel et de se rapprocher de Dieu. « Le jeûne ne se limite pas à l’abstinence alimentaire ; il peut aussi concerner la parole et les attitudes. S’abstenir de paroles blessantes, de jugements hâtifs, de médisances ou de calomnies, apprendre à mesurer son langage et cultiver la bienveillance constituent autant de formes concrètes de jeûne » (cf. Pape Léon XIV, Message de Carême 2026). Dès lors, le jeune devient une offrande véritable, car il procède d’un cœur transformé. Sans cette conversion intérieure, il demeure extérieur et, en définitive, stérile.


Partager, enfin, c’est donner de ce que l’on possède et de ce que l’on est. Par le partage, s’expriment l’empathie, la compassion et l’amour du prochain. Nous répondons ainsi à l’appel de Jésus qui affirme : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Le partage apparaît donc comme une condition indispensable pour bien vivre le Carême et, plus largement, toute existence chrétienne.
En fin de compte, bien vivre ce temps de grâce requiert des actions concrètes et une profonde transformation du cœur. Seul un cœur empreint de tendresse, de miséricorde et d’amour peut pardonner sans hypocrisie, aimer sans intérêt, partager sans attendre de retour. Aussi, sommes-nous invités à ne pas endurcir notre cœur, mais à écouter la voix du Seigneur (cf. Ps 94,7-8). 

Père Wenter CENEIS, psj

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